[Egypte] C'était il y a presque 11 ans...
NOTE: je sens qu'on va prendre pour une "folle dingo" et je prends le risque de poster ce dont j'ai été témoin il y a des années. Je précise que les faits relatés sont mentionnés tels qu'ils se sont passés, que je ne cherche pas à mentir ni à extrapoler sur certains détails.
En vous remerciant.
Cette histoire véridique se passe en Egypte, au mois d'août 1996.
J'étais en colonie itinérante et cela s'est produit vers la fin du séjour, dans la ville d'Hurghada (ville balnéaire de la Mer Rouge). Nous étions un groupe de neuf adolescents avec le moniteur, Régis, alors âgé de 28 ans.
Un soir que nous nous promenons dans les rues de la ville, un guide touristique nous accoste et demande s’il peut être utile. Poliment, Régis refuse en expliquant que nous avons déjà notre programme de fait. Le guide, offusqué, commence à parler plus fort mais Régis reste sur sa position. De notre côté, nous observons la scène d’un œil inquiet mais finalement ça s’arrange tant bien que mal entre les deux hommes, et nous reprenons notre route. Selon ma petite sœur, qui était avec nous, elle aurait entendu quelque chose d’étrange en arabe qui lui a fait penser à un sort…c’est du moins ce qu’elle m’a dit, est-ce vrai ou non, je ne peux rien affirmer.
1er soir
Le soir suivant, à notre hôtel, des phénomènes étranges se produisent. Il est environ 23H, je suis à l’extérieur avec une copine, quand tout à coup on entend des bruits étranges venant du hall de l’établissement. Au début, on y fait pas attention mais rapidement, le seul mec de la colo nous rejoint en courant et nous dit :
« Hey, y’a un truc bizarre qui se passe avec Régis. Il est plus le même ! Sa voix a changé, elle est super grave et il semble comme…possédé…j’arrive pas à expliquer tellement c’est incroyable ! » Il est tremblant de peur, les yeux grands ouverts et la respiration saccadée. Ma copine et moi on se regarde, l’air de dire « mais qu’est-ce qu’il raconte celui-là ! ». A ce moment là, il nous dit « vaut mieux que vous restez ici, les gérants de l’hôtel ont appelé un médecin et un exorciste ». Un quoi ???? Non mais c’est une blague ! Et en fait non, on a vu ensuite des gens entrer et l’un des gérants est sorti nous voir et nous demander de patienter ici en attendant que ça se calme. Il a ramené avec lui le reste du groupe, ma sœur est complètement apeurée, je l’ai jamais vu dans cet état. Arnaud, le mec en question, est retourné là-bas prêter main forte. Les cris continuent et puis ça s’arrête quelques temps après. Peut-être une heure ou deux, je sais plus.
Ensuite on est rentrés et on s’est tous couchés dans la même chambre, à neuf dans une même pièce. C’est pour vous dire qu’on était terrorisés, comme pour se protéger. On tente de comprendre ce qui a pu se passer. Mais on voit pas d’explication.
Arnaud commence à nous raconter ce dont il a été témoin. Il dit que le moniteur a changé de comportement très rapidement, que ça a commencé par des révulsions des yeux, sa voix (d’ordinaire très douce) est subitement devenue grave, il s’est montré violent envers les gérants de l’hôtel. Et c’est pas tout, il dit avoir vu les aiguilles de sa montre bouger à grande vitesse sur le cadran comme si elles étaient aimantées, et qu’à chaque fois que le mot « Christ » était prononcé, Régis hurle de plus belle avec cette voix grave et étrange. Que se passe-t-il bon sang ? est-ce un possédé comme le pense Arnaud ? de mon coté, je reste septique, n’ayant pas vu de mes yeux ces scènes.
Le lendemain, tout semble calme. Régis a l’air tout à fait normal, il semble déconnecté de la réalité. On va le voir et à la question : « tu sais ce qui s’est passé hier soir ? tu t’en rappelles ? » Il répond avec sa voix douce et un peu fatiguée « non, je m’en souviens pas. C’était tout noir. Je me suis vu hors de mon corps, puis monter vers le ciel pour redescendre vers un endroit sombre et effrayant. C’est tout ce que je me rappelle ». Bizarre… Le médecin lui a donné des médicaments, il pense qu’il s’agisse d’une forme d’épilepsie. Bon ok… mais dans ma tête, des questions se bousculent.
La journée se déroule sans encombres, le soir arrive et là, ce que nous croyons terminé revient à la charge.
2ème soir
Peu avant 23H, les événements recommencent. Je me souviens de faits troublants que je ne peux expliquer. Je suis à l’extérieur de l’hôtel, à la terrasse d’en face, et je discute avec une fille du groupe, quand Régis nous rejoint à son tour. On parle ainsi pendant un moment et soudain il nous dit « je me sens pas bien là, je vais aller me coucher ». Son regard est vide et d’un seul coup, toutes les deux nous avons vu ses yeux se retourner ! Je vous jure que c’est vrai, je n’ai pas rêvé ! Il s’est repris très vite tout en se levant difficilement de sa chaise. Sa démarche ressemble à celle d’un robot au fur et à mesure qu’il regagne l’hôtel. Ca fait bizarre de voir ça.
La fille et moi on est pas rassurées, on s’est regardées l’air de dire « merde, qu’est ce qui va se passer encore ?», comme un mauvais pressentiment. Puis on reprend notre conversation et on voit au loin arriver ma sœur et les autres.
Et là, j’ai eu la peur de ma vie.
Un cri. Un cri terrifiant et d’un timbre grave et profond retenti dans toute la ruelle, en direction de l’hôtel. A tel point que j’ai sursauté sur ma chaise. J’ai bien cru « mourir de peur » dans le vrai sens du terme. C’est Régis. Sa crise revient au galop. Et cette voix, mon dieu, cette voix horrible !!!! Jamais je n’oublierais ce son grave ! J’en tremble encore aujourd’hui ! C’est comme un rugissement mais c’est pas « naturel », je veux dire comme celui d’un lion ou d’un autre fauve. C’est autre chose et je ne sais pas quoi. Tout comme moi, les autres ont fait un bond de panique ! Sans parler qu’on est devenus blafards en une fraction de seconde. Ma sœur s’est mise à pleurer d’un coup, je la prend dans mes bras mais rien n’y fait, elle tremble comme une feuille. Le garçon du groupe va voir ce qui se passe à l’intérieur de l’hôtel. Pendant ce temps, nous autres restons groupés, paralysés, entendant encore ce cri ténébreux résonner dans nos oreilles. Il revient et nous raconte : « Sa voix est bizarre, comme hier. En une seconde, il s’est changé. Il est devenu incontrôlable. Il s’en prend violemment aux gérants de l’hôtel et à tous ceux qui l’approchent. On tente de le mobiliser mais il se débat avec une force physique incroyable !!! [ndlr :pourtant c’est un être frêle physiquement parlant] D’ailleurs, il a bien failli broyer le poignet d’un des responsables de l’hôtel ! Faut trouver une solution, on peut pas rester comme ça ». Il a raison.
Nous décidons vite de contacter les responsables de l’organisme qui gère notre séjour en France, quitte à vider le budget pour les communications téléphoniques (et oui ça a un certain coût !). Pendant plus d’une heure, on leur explique la situation le plus calmement possible avec les faits relatés. Ils nous rient au nez. Ne croient pas à notre histoire. On tente encore de leur faire comprendre qu’on a besoin d’aide, qu’on ne peut pas terminer notre séjour seuls, à trois jours du départ pour la France en partance du Caire ! Finalement, ils se décident à faire rapatrier Régis et à nous envoyer en urgence un autre moniteur pour la fin du voyage. Rassurés, nous retournons à l’hôtel. La crise semble s’être stoppée. Mais nous redoutons que ça revienne aussi vite qu’elle est apparue. Nous évitons de croiser Régis, et comme la veille, nous dormons tous dans la même chambre. J’ai du mal à dormir, comment pourrais-je après ça ? J’ai encore ce cri dans ma tête, ça m’effraie. Les autres ne dorment pas non plus, ou difficilement. Encore une nuit blanche bien amorcée.
Le soir suivant est identique aux autres. La crise revient. Régis n’est pas Régis. Je ne vais pas réécrire les faits, ils sont similaires ou presque. Et c’est toujours à la même heure : vers 23H… bizarre non ?
Au 4è jour, Régis est rapatrié sous surveillance médicale. Le moniteur chargé de s’occuper de nous est arrivé, il nous rejoint dans la journée. Nous sommes donc seuls, livrés à nous-mêmes. Notre départ pour le Caire est programmé pour le lendemain. On va enfin pouvoir trouver un peu de sommeil. Du moins essayer.
Notre séjour se termine et nous rentrons en France, sains et saufs. Les parents, avertis de la situation, se rassurent en nous voyant arriver à la gare de Perrache, tard dans la nuit. Je me souviens que ma mère s’est jetée dans nos bras, pleurant à chaudes larmes en serrant fort contre elle. Elle avait eu peur pour nous, toutes seules en Egypte, sans adulte pour nous encadrer.
Evidemment on n’en reste pas là, on porte plainte auprès de l’organisme pour « manque de négligence et mise en danger de mineurs ». Imaginez si Régis, dans son un accès de violence incontrôlée, aurait tenté de blesser (ou même tuer) l’un d’entre nous ? Les parents sont de notre côté et protestent. Une réunion est planifiée entre l’organisme et nous, dans l’enceinte de l’entreprise de mon père. Ces derniers sont présents et l’ambiance est tendue. L’organisme refuse, à l’issue de cette réunion, de nous croire. Prétextant, avec certificats médicaux à l’appui, que Régis souffre de troubles mentaux. En gros, toute cette histoire est infondée sur une plausible « possession » de Régis. Ils disent même qu’on est cinglés de penser que ça soit véridique. Ils ne veulent rien entendre. Je ne sais plus comment ça s’est fini, mais la collaboration avec cet organisme à pris fin. L’entreprise en a choisie une autre.Voilà vous savez toute l’histoire. Je suis consciente que c’est difficile à croire, puisque je n’ai que mes souvenirs et ma parole. Pourtant, je suis convaincue de ce que j’ai vu et entendu. Je n’ai pas rêvé ni imaginé tout ça. Ces événements sur le comportement de Régis sont apparus à la même heure, trois nuits de suite. N’est-ce-pas troublant ?
- Comment expliquez-vous cette voix grave et ténébreuse que j’ai entendue, et cette force physique hors du commun, sortant d’un homme d’une corpulence très maigre ? sans parler de ces phénomènes étranges sur ses yeux et les aiguilles de sa montre ?
- Et cette histoire comme quoi il s’est vu « monter au ciel puis redescendre vers les enfers » ? (ce sont ses propres mots je m’en souviens bien !)
Alors, je pose la question : pensez-vous qu’il s’agisse de troubles mentaux ou l’œuvre d’un sortilège ?
Car pour moi, il n’y a pas de doutes…d’après ce que j’ai vu, c’est une possession. J’en suis sûre. Dix années plus tard, ça me marque encore et je ne suis pas prête d’oublier.
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