[Review DVD] "Hero" de Zhang Yimou

Publié le par Dinedine

Tout récemment j'ai commandé des DVD sur ce site (que je vous recommande d'ailleurs, même si tous les films n'y sont pas). Etant dans une période "Chine et Wu shu" du fait que j'avais auparavant revisionné la Trilogie de la Momie et que le troisième volet a pour fond la Chine Ancestrale du Premier Empereur, j'ai donc porté mon choix sur des films qui ont attrait à cette culture.

Parmis mes acquisitions, il y a Hero. Tourné sous la direction de Zhang Yimou et sorti sur les écrans en 2004, le film retrace la légende d'un guerrier chinois dans l'ère de la pre-dysnatie Han.




Synopsis:

Il y a deux mille ans, la Chine était divisée en sept royaumes. Chacun d'eux combattait les autres pour obtenir la suprématie, tandis que le peuple endurait la souffrance et la mort.
De ces sept royaumes, Qin était le plus virulent. Le roi de Qin était obsédé par la conquête de la Chine et le désir de devenir son premier Empereur. Les autres royaumes dépêchèrent leurs plus redoutables assassins pour l'éliminer. Le seul nom de trois de ces tueurs suffisait à répandre la terreur : Lame Brisée, Flocon de Neige et Ciel Etoilé. A quiconque anéantirait ces trois assassins, le roi de Qin promit puissance et fortune.
Pendant dix ans, personne n'y parvint. Lorsque le mystérieux Sans Nom se présenta au palais, avec en sa possession les armes des assassins abattus, le roi fut impatient d'entendre son histoire. Assis à dix pas du monarque, Sans Nom commença alors à la raconter...

NOTA BENE: je précise et insiste sur le fait que la review ci-dessous est de ma rédaction et analyse personnelle. Elle n'est en aucun cas copiée ni inspirée d'une autre review sur le film.

 


Entre mensonges, intrigues et vérité

 

Le film débute avec la version racontée par Sans Nom (Jet Li). Il explique comment il a réussit à vaincre les trois assassins, qui furent craints et redoutés par l’armée de Qin. Sans Nom met notamment l’accent sur une technique appelée « diviser pour mieux régner ». Car c'est en observant le comportement et la manière d'être de ses adversaires qu'il en est venu à bout. On assiste donc, durant la narration de Sans Nom, à l'illustration de la technique employée aux travers de duels entre lui et Lame Brisée puis contre Flocon de Neige (Maggie Cheung). Cette dernière a, d'après Sans Nom, tué son amant Ciel Etoilé (Tony Leung) par jalousie la veille du combat.


Intrigué par le récit de son mystérieux interlocuteur, le roi l'autorise à s'approcher encore de quelques pas supplémentaires. Et alors qu'un dialogue s'installe entre les deux protagonistes, le roi va rapidement comprendre la supercherie. Car c'est non sans compter sur sa méfiance et la direction des flammes grâce aux bougies posées en nombre devant lui, qu'il réalise que le récit de Sans Nom  cache une autre facette.

Démasqué, Sans Nom  avoue que tout repose sur un plan fomenté avec son ami de longue date Lame Brisée. Nourris par l'envie de voir disparaître le monarque pour que le royaume et la Chine soient débarrassés d'un tyran, les deux amis sont rejoints par Flocon de Neige et Ciel Etoilé. Le plan se devait de fonctionner parfaitement afin que tous soient convaincus de la mort des trois assassins. Sans Nom exploita donc sa rapidité et son agilité à l'épée en ne blessant que légèrement ses complices. Une fois leur "mort" orchestrée, il fit répandre son histoire jusqu'à parvenir aux oreilles du roi. Mais avant de partir en route vers le Palais de Qin, Ciel Etoilé supplia Sans Nom d'épargner le monarque.

Pour une raison encore inconnue, trois ans auparavant, Flocon de Neige et lui ont défié l'armée du roi en s'introduisant dans le palais dans le seul but de le tuer. Pendant que Flocon de Neige s'affaire à combattre contre des gardes, son compagnon entame un duel avec le roi. Et alors que l'on pense la fin du monarque imminente, Ciel Etoilé décide de le laisser vivre.
Il a depuis quelques temps pris conscience d'un idéal décrit en trois mots "Unis sur terre", et auquel le roi et Sans Nom finissent par adhérer au terme de leur entretien. Et bien que le roi soit vu comme un tyran dont l'ambition est la conquête de territoires et où ses actions sont considérées comme sanguinaires, il se révèle être un homme intelligent et rêvant d'une nation unifiée et régie sous une même administration. Il reste néanmoins un individu qui se doit d'agir en roi et n'ayant pas peur de mourir, fait face à son assassin en lui laissant l'opportunité de le tuer. Mais finalement Sans Nom finit par l'épargner car il est convaincu qu'un jour cet idéal se réalisera et que le roi de Qin peut contribuer à ce que cela aboutisse.

Après avoir regagné la sortie de la salle du trône et traversé la grande cour intérieure, Sans Nom se dirige vers la grande porte et se retourne, faisant face aux nombreux archers placés en position à plusieurs dizaines de mètres. Pendant ce temps, le roi est empressé par ses conseillers de faire exécuter le guerrier car celui-ci était venu pour le tuer. Tiraillé par un dilemme entre son image de roi et sa compassion pour Sans Nom, il finit par lancer la mise à mort du guerrier.

C'est ainsi que se termine Hero dont la trame repose sur cet idéal et qui compose la morale du film: vivre dans un monde unifié, un monde paix et de fraternité entre les peuples.


Voyage au cœur de la Chine


Hero n’est pas seulement que le récit d'une fable. C’est aussi un voyage épique où les scènes de combats, la beauté des paysages, les prises de vues et la mise en scène donnent une dimension spectaculaire. Et pour cela, le réalisateur Zhang Yimou n’a pas lésiné sur les moyens.


Comme chacun sait, la Chine est réputée pour les arts martiaux. Evidemment le film n'échappe pas à la règle, surtout si le casting comprend le quintuple champion de Chine de Wushu, l'acteur Jet Li. Il est accompagné par des comédiens qui maitrisent également l'art du combat, à savoir Tony Leung et Maggie Cheung. Donc le spectateur est d'ores et déjà assuré de voir des combats de qualité et très bien orchestrés.

Et en effet, c'est le cas. Chaque scène est soigneusement chorégraphiée et parfaitement exécutée. Le seul point négatif qui terne le tableau c'est le côté "voltige à la Matrix" sur quasiment tous les duels. Car bien que cela impressionne au premier abord, la lassitude prend le dessus tant on a la sensation de revoir les mêmes mouvements.

Néanmoins, tout ceci est filmé dans un cadre de vue soigné où les lieux coordonnent l'ensemble. Les prises de vue sont sublimées par des paysages magnifiques qu’on croirait tout droit sortis de cartes postales. Par exemple, le duel opposant Sans Nom et Ciel Etoilé sur un lac ou encore la rencontre des deux amants avec comme image de fond une superbe cascade.

 

Autre point sur lequel Zhang Yimou apporte une touche théâtrale : la mise en scène. L’histoire du film est une succession de tableaux dont les costumes et les décors se fondent dans une même teinte: d’abord rouge, en passant par le bleu puis le vert, et enfin le blanc.  Chacune des couleurs n’est pas choisie au hasard. Leur signification ne fait que renforcer la trame de l’histoire qui est composée de quatre parties. Or les couleurs sont au nombre de…quatre !

  • le rouge pour la passion et le triomphe, en lien avec le déchirement des deux amants et la victoire de Sans Nom;
  • le bleu pour la vérité et la sagesse, lorsque le roi découvre la supercherie et le respect mutuel qui se tisse en les deux hommes au fur-et-à-mesure;
  • le vert pour l'espérance quand Ciel Etoilé rêve d'un monde de paix et de fraternité;
  • le blanc pour l'unité et l'équilibre (la couleur s'obtient par le mélanges de toutes les teintes chromatiques). On lui prête aussi la pureté et l’innocence mais aussi le deuil dans certains pays comme le Japon. Or dans cette partie du film, la majorité des protagonistes connaissent une fin tragique, suite à un acquis de conscience. Est-ce cette signification pour Hero ? je l’ignore.

 



 

 

 

Zhang Yimou réunit tous les ingrédients pour faire de son film une histoire qui marque et invite à la réflexion. Car comme je le dis précédemment, HERO est avant tout la base d’un idéal d’unité de paix et de fraternité.


Un film à voir et à revoir mais aussi à méditer.

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Publié dans [Chronicles]

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