[Report Murderdolls] EUROPEAN TOUR@Lyon, Transbordeur
Moins d’un an après la reprise d’activité des Murderdolls (le groupe n’avait plus sorti d’album depuis Beyond the Valley of the Murderdolls en 2002), les voilà à l’assaut de nos contrées européennes pour promouvoir le dernier opus : Women and Children Last.
Petite nouveauté, les poupées tueuses sont cette fois en tête d’affiche. Ce qui permet au groupe de donner le meilleur de lui-même sur près de deux heures de show, à l’instar d’une durée raccourcie en première partie des Guns lors de leur passage à Bercy en septembre dernier.
Parmi les dates européennes, quatre sont prévues en France avec Lyon, Bordeaux, Rennes et Paris. C’est donc avec surprise et joie que je constate qu’ils passent dans ma ville de résidence ! Sans plus attendre, je me procure le précieux sésame, ainsi que pour le concert de Paris car j’estime avoir le droit de me faire plaisir après plus de sept années d’attente.
Le jour J arrive enfin !
En fin d’après-midi, je passe chez mon père (qui réside non loin du Transbordeur) avant de me rendre à la salle peu avant l’ouverture des portes.
J’arrive sur place avant 20H00, je passe le barrage de sécurité sans problème, puis entre dans le hall où je me mets sur le côté pour me débarrasser de mon manteau (n’ayant pas remarqué un vestiaire de disponible). A ce moment là, une sonnerie retentie : la première partie va débuter dans quelques instants avec les groupes Porn et Marionette. Tout de suite, je dévale les escaliers qui mènent à la salle, et en entrant, surprise ! C’est quasi vide de monde ! Il doit y avoir à vue d’œil quelques centaines de fans amassés vers la scène et d’autres répartis sur les gradins. Autant vous dire que ça me fait un choc car je m’étais imaginé une foule plus importante dans ma tête ! Qu’à cela ne tienne, l’avantage est que je peux me mettre aisément à l’emplacement prévu : sur l’extrémité gauche où sera posté le guitariste lead des Murderdolls, Roman.
Je vais donc de l’autre côté de la salle et j’en profite pour observer le type de public présent : en majorité des jeunes, lookés en métalleux (certains portent fièrement des T-shirts Murderdolls ou des hoodies Slipknot), en glam gothique voire même en basiques comme d’autres que j’ai aperçu vers ma position. Je remarque également qu’il n’y a pas d’effervescence à l’approche du premier groupe. Du moins j’en ai la sensation et ça me mets un peu mal à l’aise. Mais peut-être que l’ambiance sera au rendez-vous une fois que Porn montrera le bout de son nez, qui sait !
C’est justement là que les lumières s’éteignent, laissant place à une intro avec une voix féminine imitant un orgasme. Des fumigènes remplissent la scène. Place maintenant à Porn et Marionette de montrer ce qu’ils ont dans le ventre !
Porn (Rock Indus, France)
20H00, Porn fait son entrée en scène. Mais à cause des fumigènes, je ne vois strictement rien ! Au bout de quelques instants j’arrive enfin à distinguer des formes, puis le reste.
Ne connaissant que de nom, je prête une oreille attentive à leur musique qui me fait penser à l’univers du groupe Orgy. Donc pas de quoi crier à l’originalité, c’est du réchauffé version combo lyonnais. Le public est en grande partie passif, quelques uns seulement sont dans l’ambiance. Le groupe, malgré ses efforts (et en particulier le vocaliste) tente comme il peut de dynamiser l’audience mais rien n’y fait.
Les minutes s’écoulent et c’est au bout d’une demi-heure que Porn quitte la scène, sous les applaudissements (timides) de la salle.
S’ensuit une pause de presque une demi-heure pour préparer la scène au groupe suivant. Une scène qui voit des techniciens aller et venir en rangeant les instruments et les installations techniques. Durant ce temps, quelques membres de Marionette arrivent pour installer et régler eux-mêmes leurs instruments. En les voyant, j’ai un sentiment étrange vis-à-vis de leur accoutrement. Cela me semble si familier que ça me rappelle des groupes japonais du mouvement Visual Kei il y a 5 ans en arrière. Sans même connaître leur musique, je me dis qu’ils n’ont pas d’originalité dans leur identité visuelle puisque c’est du déjà vu en ce qui me concerne.
Le public reste plutôt calme et patiente jusqu’au démarrage du second groupe. Face à moi, un groupe fumigène commence à balancer des paquets de fumée, et l’éclairage finit par s’éteindre. Comme d’habitude, une intro sonne l’arrivée de Marionette.
Marionnette (Death melodique, Suède)
21H00, voici le tour des Suédois de Marionette de réussir le pari de réveiller la salle ! Durant près d’une demi heure, ils nous assomment à gros coup de riffs et de synthé, accompagnés d’une voix qui se veut growl mais que je qualifie plus de criarde dans la gamme des graves. Il n’empêche que le groupe possède un potentiel scénique qui électrise une partie de la salle.
J’écoute et j’observe ce qui se passe devant moi. Souvent, je ne peux m’empêcher de me dire que leur musique ne colle pas du tout avec leur apparence : costard et cheveux ébouriffés (ou en "mode Wez" de Mad Max pour certains). Le claviériste s’éclate aussi à se mettre à quatre pattes sur son synthé. Cela me fait doucement rire quand je songe aux acrobaties de Shawn (Slipknot) qui sautille et tournicote sur ses tambours. Là encore, il y a manque d’originalité car c’est le genre de chose qui s’est vu ailleurs. Seul l’accessoire du masque vénitien taché de sang est une idée à creuser.
La salle semble, quant à elle, de plus en plus sous le charme, même si une partie de l’audience reste retenue. Pour ma part, seul le morceau Remember your name attire mon attention par son tempo à la fois lent et mélodique. Une sorte de slow en quelque sorte. D’après mes recherches, le titre n'est pas dans les deux albums sortis. C’est une chanson bonus qui apparaîtra dans un nouvel opus prévu au cours de l’année.
C’est sous les applaudissements d’une salle quasi conquise que Marionette quitte la scène. Mais je sens qu’une grosse majorité trépigne d’impatience de voir le groupe pour lequel nous sommes venus, ça commence déjà à se bousculer de mon côté.
Encore une pause qui me paraît une éternité. Toujours le même rituel d’allers et viens de techniciens qui s’affairent aux derniers préparatifs et aux réglages de sons et lumières.
Puis vient la musique d’ambiance qui casse littéralement les fonds sonores lors de la première partie, puisqu’il s’agit de musique classique. Mais pas n’importe laquelle ! Des pistes issues de bandes originales de films qui vont de pair avec l’atmosphère de Murderdolls. Parmi celles qui sont diffusées, je reconnais « Vampire Hunters » de Dracula (Coppola) et « le thème de Carol Ann » de Poltergeist. Autant dire que les Américains ne laissent rien au hasard, puisqu’au plus les pistes défilent, au plus nous sentons que le show va débuter d’ici quelques minutes.
Ghoulish Night, Bloody Night !
Soudain, l’intro de Women and Children Last résonne avec la voix de Wednesday 13 susurrant ces quelques mots : Scum, filth anger and greed, walks along beside of me. Chaos, darkness on a violent binge. This is our world according to revenge…
Les voilà !!! les Murderdolls débarquent sur scène, provoquant une vague de hurlements et de cris dans le public ! L’apparition de Joey et de Wednesday 13 déclenche une hystérie dans la salle ! Sans attendre, ils démarrent avec Chapel Of Blood, issu du dernier album :
Au fur et à mesure que la salle chauffe, le groupe enchaîne avec Death Valley Superstar et Homicide Drive, histoire de nous faire monter en pression ! Car outre la musique, la prestation scénique est nickel ! Les membres nous font vivre à show à l’américaine en bonne et due forme :
- Racci (batterie) et Jack (basse), parés d’un look sombre mais soft, sont concentrés sur leur jeu ;
- Roman (guitare lead) qui opte pour un aspect zombie inspiré de la Nuit des Morts Vivants, est certainement le plus énergique de tous. Il communique avec le public et tente souvent de nous faire participer ;
- Joey (guitare rythmique) qui choisit d’être en mode zombie avec un air à la Shagrath, est aussi très dynamique, quoiqu’un poil moins que son confrère. Il se balade sur scène, n’hésitant pas à se poster sur une extrémité quelques minutes;
- Wednesday 13 (vocaliste) qui ressemble à un Alice Cooper version glauque, sait se comporter en homme de spectacle. Il vit chacun des morceaux avec énergie et communique beaucoup avec nous.
Après cette mise en situation, place au tiercé gagnant avec des anciens titres de Beyond the Valley of the Murderdolls. Tout d’abord Slit my wrist avec laquelle Wednesday s’amuse à mimer se tailler le poignet, suivie par Twist my sister et She was a teenage zombie, dont un bout des paroles est fredonné par Wednesday puis repris en chœur par le public avant que les morceaux ne démarrent. Mais les poupées tueuses ne s’arrêtent pas en si bon chemin et font monter d’un cran l’ambiance avec le premier single du dernier album, My dark place alone :
[Vous remarquerez que lorsque je filme la chanson, au moment où Joey se poste juste devant moi, la caméra reste figée sur son pied ! La raison est qu’il est difficile de ne pas le fixer et encore moins de filmer en contre-plongée…alors veuillez excuser ce moment d’égarement, je tente évidemment de garder un cadrage correct en mode vidéo.]
Nous voici en milieu de set. La seconde partie du show est servie par des titres des deux albums entrecoupés de Bad Things, issue du side-project de Wednesday et de Welcome to the strange qui apparaît sur la B.O de Freddy Vs Jason, jouée en hommage au bassiste Paul Grey de Slipknot.
Comme je l’indique plus haut, les fans sont surchauffés et s’éclatent en headbanguant et en slammant, sans oublier les pogoteurs qui s’en donnent à cœur joie ! D’ailleurs, un pogo se forme juste à quelques rangs derrière ma position, ce qui provoque des élans de bousculades assez violents, au point que je me prenne la barre de fer d’une barrière en plein dans le thorax. Là, ma riposte ne se fait point attendre : en restant accrochée à la barrière, je me balance vers l’arrière aussi loin et fort que possible. Je répète l’opération jusqu’à ce que ça se bouscule moins, histoire de faire comprendre aux pogoteurs d’éviter d’emmerder leurs voisins. Au passage, je m’excuse auprès de deux jeunes filles derrière moi, sachant qu’elles ne sont pas responsables de ses bousculades en vagues.
Nous arrivons en fin de set avec 197666 et Motherfucker I don’t care, qui sont tour à tour repris par le public, et où la communion ne fait plus qu’un avec le groupe. Puis vient le fameux rituel de lancées de médiators et de baguettes, avant que les Murderdolls rejoignent leur loge. Pour autant la soirée n’est pas finie, un rappel va avoir lieu. Jusqu’au retour du groupe sur scène, les fans montrent leur enthousiasme et leur impatience au fur et à mesure que les minutes s’écoulent.
Murderdolls revient sous les acclamations de la salle, avec en prime Joey portant une perruque orange/rouge flashie. Et c’est avec apothéose qu’ils nous achèvent avec Dawn of the Dead et sa petite intro digne d’un film d’épouvante, suivie par I take drugs qui surprend par sa durée (très) courte mais néanmoins efficace en live !
La tension est à son maximum lorsque Wednesday annonce la suivante : Dead in Hollywood ! Les fans chantent en chœur, pendant que le groupe pousse son public au-delà de ses limites. C’est alors que le vocaliste, une fois le morceau terminé, se pare d’un parapluie avec le mot FUCK écrit dessus et entame la toute dernière chanson qui met le feu aux poudres, j’ai nommé I love to say F*** !
Puis le moment tant redouté, celui de se dire aurevoir, est arrivé. Murderdolls remercie chaleureusement son public avant que les médiators et les baguettes pleuvent sur les premiers rangs. Chaque approche de Wednesday et Joey sur le bord de scène et les extrémités enclenche une vague d’hystérie parmi les fans. Puis ils quittent la scène devant un public aux anges !
La salle se rallume et se vide petit à petit. Je me dirige vers la sortie. Et alors que je me rends à l’extérieur, je me demande si je suis motivée pour poireauter dehors à attendre la sortie des membres. Finalement, je me résigne en me disant que j’ai une seconde chance à Paris. Je regagne l’appartement de mon père avec des étoiles pleins les yeux, en songeant déjà au concert de l’Elysée Montmartre !
Setlist
1.The World according to Revenge (intro)
2.Chapel of Blood
3.Death Valley Superstars
4.Homicide Drive
5.Slit my wrist
6.Twist My Sister
7.She Was A Teenage Zombie
8.My dark place alone
9.Drug me to Hell
10.Summertime Suicide
11.Die my Bride
12.People Hate Me
13.Blood-Stained Valentine
14.Pieces of You
15.Bad things (Wednesday 13 cover)
16.Nowhere
17.Welcome to the strange
18.197666
19.Motherfucker, I Don't Care
Rappel:
20.Dawn of the Dead
21.I Take Drugs
22.Dead In Hollywood
23.I love to say fuck
Nota bene: Les photos et vidéos dans ce report proviennent de mon appareil numérique, vous pouvez toutefois consulter le site de Lucie pour d'autres photos du concert au Transbordeur.

